Les différents états de la matière
I. INTRODUCTION
La matière se rencontre essentiellement sous trois
formes :
?gaz
?liquide
?solide
Deux types de
forces antagonistes agissent sur l'état de la matière :
?les forces d'agitation
thermique = le désordre
? les forces de cohésion =
ordre
GAZ LIQUIDE SOLIDE
Forces
prédominantes Agitation thermique Aucune Forces
de cohésion
Mouvements
autorisés Translation,
rotation et vibration Translation,
rotation et vibration Vibration
?Les gaz et
les liquides sont des états désordonnés.
?L’état
solide peut être amorphe (privé de
forme), c’est un état solide désordonné
L'état solide cristallisé est ordonné
III.-Le Solide
II.1 Le solide amorphe
Le solide amorphe peut être considéré comme un liquide
figé.

Autre
exemple de solide amorphe : le beurre, qui est un mélange de molécules de
différentes longueurs de chaîne qui s'organisent mal.

Silice SiO2 cristallisée et amorphe.
II-2 . L'ETAT ORDONNE
II.2.a Introduction. Notions de réseau et de maille
Les solides cristallisés peuvent être répartis en
quatre grandes classes :
?les solides
métalliques, cations baignant dans un océan d'électrons (liaison métallique),
?les solides
ioniques, formés de cations et d'anions (liaison ionique ou iono-covalente),
? les
solides covalents, formés d'atomes liés par des liaisons covalentes,
?les solides
moléculaires, collections de molécules individuelles (liaisons
"faibles").
_________________________________________________________________________
Classe Exemples Caractéristiques
_________________________________________________________________________
Solides métalliques Fe, Co, Au, Al Malléables, ductiles, brillants,
conduisent
électriquement
et thermiquement
Solides ioniques NaCl,
CuSO4, Durs, rigides,
fragiles (cassent sans plier),
KMnO4 réfractaires, souvent solubles
Solides covalents B,
Cdiamant, Durs, rigides,
fragiles (cassent sans plier),
BN,
SiO2 réfractaires,
souvent insolubles
Solides moléculaires I2,
S8, glace Peu durs,
bas point de fusion
Glucose
_________________________________________________________________________
Un cristal est
caractérisé par la répétition tridimensionnelle d'un "motif" (atomes,
molécules, …) sur une très grande distance (ordre à longue distance). un motif
= un "nœud"
II.2.b Réseau et maille
La répétition d'un "motif" se fera en S1
par translation vecteurs
Le réseau
cristallin est un assemblage de lignes fictives qui rend compte de la
répétition des nœuds (donc des motifs) et matérialise les vecteurs de translation.

Un
réseau bidimensionnel est défini par 2 vecteurs et l'angle entre
eux.
En 2D la maille
= parallélogramme formé sur les vecteurs qui définissent le réseau (les 2
normes et l'angle sont appelés les "paramètres" de la maille). La
maille est la plus petite entité qui se répète ( un mur est la répétition de la
maille "brique")

En 3D la maille= trois vecteurs (de normes notées a, b
et c) et donc trois angles (notés a, b et g) pour définir le réseau
et/ou la maille

.
?Il existe 7
systèmes cristallins simples.
Les systèmes "simples" ne
contiennent qu'un motif par maille = maille dite "élémentaire"
?IL existe
d’autres systèmes qui contiennent
plusieurs motifs =mailles dites "multiples".
- systèmes "centrés" (avec un atome au
centre de la maille)
-systèmes faces centrées (avec un atome au centre de
chaque face)
-systèmes bases centrées (avec un atome au centre de 2
seulement des faces).
L’ensemble de ces systèmes forment les 14 réseaux de
Bravais .
________________________________________________________________________
Système Notation Paramètres
________________________________________________________________________
Cubique c a = b = c, a = b = g = 90°
Quadratique (tetragonal en anglais) q (t) a
= b ¹ c, a = b = g = 90°
Orthorhombique o a ¹ b ¹ c, a = b = g = 90°
Monoclinique m a ¹ b ¹ c, a = g = 90°, b ¹ 90°
Triclinique t a ¹ b ¹ c, a ¹
b ¹ g ¹ 90°
Hexagonal h a = b ¹ c, a = b = 90°, g = 120°
Rhomboédrique r
(ou hr) a = b = c, a = b = g ¹ 90°
________________________________________________________________________

Les 14 réseaux de Bravais.
II.2.c Relation monde macroscopique - monde
microscopique : la masse volumique
A l'échelle microscopique, on peut définir la
masse volumique :
Masse volumique = masse de la maille / volume de la
maille
avec masse de
la maille = nombre de motifs (Z) x masse du motif (M/NA),
soit m = Z M/ N avec M masse molaire du motif et N
nombre d'Avogadro
On a alors masse volumique r = Z M/ N V
A l'échelle macroscopique on peut définir la
masse volumique :
Masse volumique = masse d’une mole de maille / volume
d’une mole de maille
avec masse
d’une mole de maille = nombre de motifs (Z) x masse du motif (M),
soit m = Z M avec M masse molaire du motif
volume d’une mole=NxV masse volumique r = Z M/ NA
V
II.2.d Modèle des sphères dures tangentes et
plan compact
Dans le modèle des sphères dures tangentes, on
considère que les atomes (ou les ions) sont :
-sphériques,
-de rayon fini,
-indéformables
-ils s'empilent de manière à être dans la mesure du
possible tangents entre eux.
En 2 D pour occuper le minimum de surface
possible : "plan compact"


Figure 9. Le plan compact.
Dans le plan compact, chaque atome est tangent à 6
autres atomes.
On dit qu'il a 6 "premiers voisins" ou qu'il est en "coordinence 6 dans le plan"
En 3 D : on va empiler les plans compacts.
Les atomes du premier plan compact (noté A) laissent
entre eux des interstices (des creux) sur lesquels on va pouvoir
"poser" d'autres atomes. En fait, ces interstices se subdivisent en 2
sous-groupes, car les atomes d'une couche supérieure ne peuvent recouvrir qu'un
interstice sur deux :soit les positions B, soit les positions C
C C C C C C C C B B B B B B B


de façon arbitraire on appelle B le second plan, il
n'y a que deux façons compactes de poser le troisième plan (en faisant toujours
référence au plan A) :
- soit directement au-dessus des atomes du premier
plan ,
- soit au dessus des positions C.

Empilements compacts de plans compacts.
Les deux séquences d'empilement compact de plans compacts les plus simples (et
d'ailleurs les plus fréquentes dans la nature) sont donc : ABABABAB… et ABCABCABC…
Vue
"macroscopique" empilement de fruits

II.3 Réseau hexagonal compact (HC)
Le réseau hexagonal compact (noté HC dans ce cours)
correspond à la séquence d'empilement ABABA.

Empilements ABAB : hexagonal compact.
Coordinence
On peut compter le nombre d'atomes tangents à un atome
donné : 6 dans le même plan compact + 3 dans le plan de dessus + 3 dans le plan
de dessous, ce qui fait 12 premiers voisins.
Un atome dans un empilement compact est en coordinence 12.
Maille

Les atomes des plans A
occupent les positions notées ici (1, 2, 3, 4, 5, 6 et 7) et (1', 2', 3', 4',
5', 6' et 7') alors que les atomes B
occupent les positions (8, 9 et 10).
Réseau hexagonal compact : la maille
hexagonale.
Dans cette maille, il y a 2 atomes (ceux des centres
des faces hexagonales) qui contribuent pour 1/2, 12 atomes (ceux des sommets)
qui contribuent pour 1/6 et 3 atomes (ceux du plan B) qui contribuent pour 1,
soit au total
Z = 2. 1/2 + 12 . 1/6 + 3 . 1 ó Z = 6 atomes par maille hexagonale.

Si on prend l'origine sur l'atome 7',
le paramètre a est représenté par la distance entre
7' et 2',
le paramètre b est représenté par la distance entre
7' et 4',
et on note que ces deux distances sont égales et
l'angle entre ces deux directions est g = 120°
A la verticale de ce plan (angles a = b = 90°), le paramètre c est
représenté par la distance entre 7' et 7.
Dans un empilement compact idéal, on peut démontrer
(au programme du S4) que le rapport c/a = 2
/
= 1,63.
2/maille prismatique
Il y a 3 mailles prismatiques dans une maille
hexagonale, elles ne sont PAS orientées de la même façon.

Hexagonal
compact : la maille prismatique.
C = volume occupé par la matière / volume de la
maille
Volume occupé par la matière =multiplicité x (4/3p*r3)
soit
Vmatière = 6*4/3p*r3 = 8 p r3
Expression
du volume de la maille avec le rayon atomique avec la condition de tangence
adéquate.
Vmaille = 3 * surface du losange de base * hauteur
= 3* (a*a*sin120)*c
= 3* (a*a*
/2)*(a*2
/
)
= 3 a3 ![]()
En introduisant a = 2 r, on a Vmaille = 24 r3
![]()
On a donc C = p / (3
) = 0,74
soit 74% de
l'espace occupé par la matière, 26% de l'espace étant vide et donc éventuellement
en partie disponible pour l'insertion d'atomes d'autres éléments, comme on le
verra plus loin.
Remarque
: Si maille prismatique : résultat identique ave Z=2 et volume de la maille /3
Mg, Ca, Sr, Ti, Co
II.4 Réseau cubique faces centrées (CFC)
Le réseau hexagonal compact (noté CFC dans ce cours)
correspond à la séquence d'empilement ABCABC.

Coordinence
On peut compter le nombre d'atomes tangents à un atome
donné : 6 dans le même plan compact + 3 dans le plan de dessus + 3 dans le plan
de dessous, ce qui fait 12 premiers voisins.
Un atome dans un empilement compact est en coordinence 12
représentation compacte à
partir des couches ABC et représentation éclatée...
Les atomes occupent les sommets de la maille et le
centre des faces.
Les paramètres sont a = b = c, a = b = g = 90°
Chaque atome de sommet (il y en a 8) appartient à 8
mailles et contribue donc pour 1/8 dans la maille et chaque atome de face (il y
en a 6) appartient à 2 mailles et contribue donc pour 1/2 dans la maille,
soit au total
Z = 8 . 1/8 + 6 . 1 / 2 ó Z = 4 atomes par maille.
La tangence des atomes est selon la diagonale d'une
face,
soit 4
r = a![]()
C = volume occupé par la matière / volume de la
maille
Volume occupé par la matière : il y a 4 atomes
sphériques par maille,
soit V
matière = 4*4/3*p*r3 = 16/3 . p r3
V maille = a3
En introduisant 4 r
= a
, soit a = 4r /
, on a Vmaille = 43 r3 / 2![]()
On a donc C = p / (3
) = 0,74
soit 74% de l'espace occupé par la matière, 26% de
l'espace étant vide.
On
retrouve bien le même résultat que pour l'hexagonal compact car les 2
structures HC et CFC sont toutes 2 des empilements compacts de plans compacts,
la seule différence entre les 2 étant la position relative du troisième plan
(ABA pour HC et ABC pour CFC).
Al, Ni, Cu, Ag, Au
II. 5
Empilements non-compacts
II.5.a Réseau cubique centré (CC)
Les atomes occupent les sommets de la maille et le
centre de la maille.

Maille du réseau cubique centré.
Chaque atome de sommet appartient à 8 mailles et
contribue donc pour 1/8 dans la maille, et l'atome du centre n'appartient qu'à
une maille contribue donc pour 1,
soit au total
Z = 8 . 1/8 + 1 ó Z = 2 atomes par maille.
La tangence des atomes est selon la grande diagonale
du cube :
4 r = a![]()
Chaque atome a 4 plus proches voisins dans le plan
inférieur et 4 plus proches voisins dans le plan supérieur soit une coordinence
de 8.
C = volume occupé par la matière / volume de la
maille
Volume occupé par la matière : il y a 2 atomes
sphériques par maille,
soit
Vmatière = 2*4/3*p*r3 = 8/3 . p r3
Vmaille = a3
En introduisant 4 r
= a
, soit a = 4r /
, on a Vmaille = 43 r3 / 3![]()
On a donc C = p
/ 8 = 0,68
soit 68% de l'espace occupé par la matière, 32% de
l'espace étant vide. La compacité est bien inférieure à celle calculée dans les
cas précédents (HC et CFC).
Ba, Fe, Cr, V, Mo, W
II.5-b Réseau cubique simple (CS)

Chaque atome de sommet appartient à 8 mailles et
contribue donc pour 1/8 dans la maille,
soit au total
Z = 1 atome par maille.
La tangence des atomes est selon l'arête du cube :
soit 2
r = a
Chaque atome a 6 plus proches voisins (un devant, un
derrière, un à gauche, un à droite, un dessus, un dessous), soit une
coordinence de 6.
C = volume occupé par la matière / volume de la
maille
Volume occupé par la matière : il y a 1 atome
sphérique par maille,
soit
Vmatière = 1*4/3*p*r3 = 4/3 . p r3
Vmaille = a3
En introduisant a = 2 r, on a Vmaille = 8 r3
On a donc C = p / 6 = 0,52
soit
52% de l'espace occupé par la matière, 48% de l'espace étant vide. La compacité
est encore inférieure.
cette
structure est tellement peu stable que rien ne cristallise selon le mode CS.
III. 1 Allotropie, alliages et sites cristallographiques
III.1.a Allotropie
Un élément
donné peut cristalliser sous différentes structures, dites formes
allotropiques, (T, p).
ex le fer a est
cubique centré à température ambiante
et cristallise cubique faces centrées, fer g, à 910°C .
(réversible).
III.1.b Alliages de substitution et d'insertion
Suivant l'application choisie, on peut avoir besoin
d'un métal très pur, ou au contraire vouloir bénéficier des caractéristiques de
deux ou plusieurs éléments. On va alors synthétiser un alliage.
Un alliage = Une solution solide. Dans un tel solide,
il est impossible de différencier les éléments constituants autrement qu'en
"sondant" à l'échelle atomique.
A l'inverse,
dans un mélange, même très fin, il est possible de distinguer les constituants
avec une résolution moindre.
Il y deux types d'alliages :
?les
alliages de substitution
?les
alliages d'insertion.
Dans un alliage
de substitution, un certain nombre d'atomes du réseau initial sont
simplement remplacés par des atomes d'un autre élément.
ex :
remplacer environ 13 % des atomes de fer par des atomes de chrome permet
d'améliorer la résistance à la corrosion.
Selon les cas, les atomes de substitution peuvent être
disposés aléatoirement dans la structure de base, ou peuvent former eux-mêmes
un arrangement géométrique précis au sein de la première structure, on parle
alors de sur-structure.
Dans les
différentes structures les espaces vides sont ordonnés en un arrangement
géométrique précis : on les désigne sous le nom de sites cristallographiques.
En insérant un ou plusieurs autre(s) élément(s) dans
ces sites, on va former un alliage
d'insertion.
ex :
l'acier de base est un alliage d'insertion fer-carbone.
III.1.c Sites cristallographiques les plus courants
Site octaédrique
maille
CFC:le centre de la maille est vide.
Plaçons un atome étranger au centre de la maille, il sera entouré par 6 atomes
à la distance a/2 . Dans la structure CFC, l'espace central vide est défini par
cet octaèdre : cet espace est appelé
site octaédrique, noté site Oh .


Site octaédrique occupé et vide.

Le site central n'appartient qu'à une maille et compte
donc pour 1, alors que chaque site d'arête (il y en a 12) appartient à 4 maille
et compte donc pour 1/4.
Il y a donc
au total 1 + 12. 1/4 = 4 sites Oh par maille CFC.
On note qu'il y a autant de sites (n) Oh que d'atomes
en propre (n Oh = Z) dans la maille CFC
(Z=4).
On peut représenter la structure CFC par un empilement
d'octaèdres qui se joignent par les sommets

Structure CFC
décrite par l'empilement des octaèdres.
Site tétraédrique
maille CFC, nous voyons qu'il y a encore des espaces
vides : si on joint un sommet avec le centre des 3 faces contiguës, on obtient
un polyèdre à 4 faces, un tétraèdre, posé sur une de ses arêtes. Cet espace vide est appelé site
tétraédrique, noté site Td

Site
tétraédrique occupé et vide.

Localisation des sites tétraédriques dans la maille
CFC.
Il y a autant de sites Td que de sommets, donc 8 et
comme ils sont entièrement dans la maille ils comptent pour 1.
Il y a donc
au total 8 sites Td dans la maille CFC.
deux fois plus de sites Td que d'atomes dans la maille
CFC (4).
On note également que chacun de ces sites Td a une
face commune avec l'octaèdre central, de sorte qu'un octaèdre flanqué de 8
tétraèdres forme un cube et peut donc occuper entièrement l'espace.
Site cubique
Un cube simple
est vide et l'espace central peut être considéré comme un site cubique, à 8
sommets
III.2 Cristaux ioniques AB cubiques
La notion de site
permet de décrire les alliages
mais aussi des composés solides formé à parts égales de 2 éléments, que nous
appellerons solides AB. Nous traiterons le cas des cristaux ioniques AB
cubiques
A représente un cation (Na+, Zn2+,
Cs+) et B représente un anion (Cl-, S2-, Cl-).
L'anion étant en général plus gros que le cation, on
raisonne en général sur un réseau anionique cubique dans lequel les cations
occupent tout ou une partie des sites cristallographiques.
Il existe trois types de réseaux ioniques AB
cubiques :
?la maille CFC de type
chlorure de sodium NaCl,
? la maille CFC de type
ZnS-blende,
?la maille cubique simple de
type chlorure de césium CsCl
?La maille CFC avec les ions
chlorures.
?Le paramètre de maille
cubique, c'est-à-dire la distance entre deux ions chlorures de sommet, est noté
a.
?Les ions sodium occupent
tous les sites Oh. Il y a donc un sodium au centre de la maille et un sodium au
milieu de chaque arête
Remarque : on pourrait choisir la représentation inverse, réseau CFC de sodium avec tous les sites Oh occupés par les Cl-. Sur le cristal infini, cela revient au même. En effet, cations et anions forment 2 sous-réseaux, tous 2 CFC, imbriqués et décalés de a/2 selon une arête du cube.

Deux représentations de la maille de type
NaCl : anions aux sommets, cations aux sommets.
Dans cette maille, il y a 8 ions chlorures (ceux des
sommets) qui contribuent pour 1/8 dans la maille et 6 ions chlorures (ceux des
faces) qui contribuent pour 1/2
soit au total
Z = 8 . 1/8 + 6 . 1 / 2 ó Z = 4 chlorures par maille.
Il y a 12 ions sodium (ceux de arêtes) apportant une
contribution 1/4 à la maille et 1 ion sodium (celui du centre) apportant une
contribution de 1
Z = 12 . 1/4 + 1 ó Z = 4 sodium par maille.
On
a bien sur une stoechiométrie 1 : 1 (forcément car type AB), avec Z = 4
La coordinence est toujours définie comme le nombre
de plus proches voisins. Il faut bien réaliser que dans les solides de type AB,
un ion A est entouré d'un certain nombre de B, et réciproquement.
Chaque ion sodium dans un site Oh est entouré de 6
ions chlorure, et se trouve donc en coordinence 6.
De même, chaque chlorure est dans un octaèdre de
sodium et est donc aussi en coordinence 6.
Il
s'agit d'une coordinence octaédrique 6-6 ( solide AB, la coordinence est
forcément n-n).
Les ions qui
constituent le réseau de base (ici les ions chlorures) sont tangents entre eux
(cf def)
Tangence des anions, ici selon la diagonale d'une
face,
soit 4 r- = a![]()
On écrit maintenant la tangence cation-anion, ici
selon une arête du cube, soit :
2 r+
+ 2 r- = a
On divise membre à membre par l'équation précédente
et on a :[(r+ / r-) + 1] / 2 = 1/
, soit
r+
/ r- =
- 1 = 0,41
Cette valeur est une valeur limite où il y a à la
fois tangence cation-anion et tangence des anions.
Si le rapport est inférieur à cette valeur, alors il
n'y a pas tangence cation-anion et le cation n'est pas stable dans le site
formé par les anions (cad il peut entrer, mais il peut aussi sortir
facilement).
Donc le rapport r+ / r- doit
être SUPERIEUR à 0,41 (les cations s'insèrent donc en écartant un peu les
anions, mais sont bien stables dans le site Oh).
Conclusion :
la condition de stabilité d'un cation en site Oh (coordinence 6) est
r+
/ r- ³
- 1 (r+ / r- ³ 0,41)
Bien sûr, si le rapport est trop supérieur à cette
valeur, l'insertion des cations se ferait en cassant le réseau des anions. La
coordinence 6 est alors impossible
Exemples de structures CFC de type
NaCl
LiH, LiF, LiCl, LiBr, LiI, NaF, NaCl, NaBr, NaI, KF,
KCl, KBr, KI,
AgCl,
AgBr,
MgO,
CaO, SrO, BaO, CaS, SrS, MgSe, CaSe, SrSe, BaTe, BaSe
MnO,
FeO, NiO, CoO, CdO
TiC, TiN, LaN
? maille CFC avec les ions
sulfures.
?Le paramètre de maille
cubique, c'est-à-dire la distance entre deux ions sulfures de sommet, est noté
a.
?Les ions zinc occupent la
moitié des sites Td.
Ces ions vont se disperser le plus possible, du fait
des interactions coulombiennes et vont donc occuper géométriquement 1 site sur
2 (il est impossible qu'il y ait des amas de sites occupés quelque part (excès
de charges positives) et des amas de sites vides ailleurs (excès de charges
négatives)).
Remarque : comme précédemment, on pourrait choisir
la représentation inverse, réseau CFC de zinc avec la moitié des sites Td
occupés par les S2-. Sur le cristal infini, cela revient au même. En
effet, cations et anions forment 2 sous-réseaux, tous 2 CFC, imbriqués et
décalés de a
/4 selon la grande diagonale du cube.

Maille de type ZnS blende (anions aux
sommets) et visualisation des sites Td occupés.
Dans cette maille, il y a 8 ions sulfures (ceux des
sommets) qui contribuent pour 1/8 dans la maille et 6 ions chlorures (ceux des
faces) qui contribuent pour 1/2
soit au total
Z = 8 . 1/8 + 6 . 1 / 2 ó Z = 4 sulfures par maille.
Il y a 4 ions zinc, tous contenus dans la maille,
soit
Z = 4 ó Z = 4 zinc par maille.
On
a bien sur une stoechiométrie 1 : 1 (forcément car type AB), avec Z = 4
Chaque ion zinc étant dans un site tétraédrique est
donc entouré de 4 ions sulfure, et se trouve donc en coordinence 4.
De même, chaque sulfure est dans un tétraèdre de
zinc et est donc aussi en coordinence 4.
Il
s'agit d'une coordinence tétraédrique 4-4 (puis que c'est un solide AB, la
coordinence est forcément n-n).
A la limite, les ions qui constituent le réseau de
base (ici les ions sulfures) sont tangents entre eux (cad ils ne peuvent pas
être plus proche), on a donc :
Tangence des anions, ici selon la diagonale d'une
face,
soit 4 r- = a![]()
On écrit maintenant la tangence cation-anion, ici
selon la grande diagonale du cube, soit :
2 r+
+ 2 r- = a
/2
On divise membre à membre par l'équation précédente
et on a :
[(r+ / r-) + 1] / 2 =
/(2
), soit
r+
/ r- =
/
- 1 = 0,23
Cette valeur est une valeur limite où il y a à la
fois tangence cation-anion et tangence des anions.
Si le rapport est inférieur à cette valeur, alors il
n'y a pas tangence cation-anion et le cation n'est pas stable dans le site
formé par les anions (cad il peut entrer, mais il peut aussi sortir
facilement).
Donc le rapport r+ / r- doit
être SUPERIEUR à 0,23 (les cations s'insèrent donc en écartant un peu les
anions, mais sont bien stables dans le site Td).
Conclusion : la
condition de stabilité d'un cation en site Td (coordinence 4) est
r+
/ r- ³
/
- 1 (r+ / r- ³ 0,23)
Bien sûr, si le rapport est trop supérieur à cette
valeur, l'insertion des cations se ferait en cassant le réseau des anions. La
coordinence 4 est alors impossible. En effet, on a vu précédemment que pour r+
/ r- ³ 0,41, les cations sont plus stables en coordinence 6.
ZnO,
BeS, MnS, ZnS, CdS, HgS
BeSe, MnSe, ZnSe, HgSe
BeTe, ZnTe, CdTe, HgTe,
SiC
AlP,
AlAs,
?La maille cubique simple
avec les ions chlorures.
? Le paramètre de maille
cubique, c'est-à-dire la distance entre deux ions chlorures de sommet, est noté
a.
? Les ions césium occupent le
centre du cube (site cubique)
Remarque : on pourrait choisir la représentation
inverse, réseau CS de césium avec le site cubique Cl-. Sur le
cristal infini, cela revient au même. En effet, cation et anions forment 2
sous-réseaux, tous 2 CS, imbriqués et décalés de a
/2 selon la grande diagonale du cube.

Deux
représentations de la maille de type CsCl : anions aux sommets, cations aux
sommets.
Dans cette maille, il y a 8 ions chlorures (ceux des
sommets) qui contribuent pour 1/8 dans la maille,
soit au total
Z = 1 chlorures par maille.
Il y a 1 ion césium (celui du centre),
soit Z = 1 césium par maille.
On
a bien sur une stoechiométrie 1 : 1 (forcément car type AB), avec Z = 1
Remarque : trouver Z = 1 prouve bien que ce sont des
réseaux cubiques simples imbriqués.
Chaque ion césium étant dans un site cubique est
donc entouré de 8 ions chlorure, et se trouve donc en coordinence 8.
De même, chaque chlorure est dans un cube de césium
et est donc aussi en coordinence 8.
Il
s'agit d'une coordinence cubique 8-8 (puis que c'est un solide AB, la
coordinence est forcément n-n).
A la limite, les ions qui constituent le réseau de
base (ici les ions chlorures) sont tangents entre eux (cad ils ne peuvent pas
être plus proche), on a donc :
Tangence des anions, ici selon une arête du cube,
soit 2 r- = a
On écrit maintenant la tangence cation-anion, ici
selon la grande diagonale du cube, soit :
2 r+
+ 2 r- = a![]()
On divise membre à membre par l'équation précédente
et on a :
[(r+ / r-) + 1] =
/2, soit
r+
/ r- =
- 1 = 0,73
Cette valeur est une valeur limite où il y a à la
fois tangence cation-anion et tangence des anions.
Si le rapport est inférieur à cette valeur, alors il
n'y a pas tangence cation-anion et le cation n'est pas stable dans le site
formé par les anions (cad il peut entrer, mais il peut aussi sortir
facilement).
Donc le rapport r+ / r- doit
être SUPERIEUR à 0,73 (les cations s'insèrent donc en écartant un peu les
anions, mais sont bien stables dans le site cubique).
Conclusion : la
condition de stabilité d'un cation en site cubique (coordinence 8) est
r+
/ r- ³
- 1
(r+ / r- ³ 0,73)
Bien sûr, si le rapport est trop supérieur à cette
valeur, l'insertion des cations se ferait en cassant le réseau des anions. La
coordinence 8 est alors impossible. On prend 1 comme valeur limite, car au-delà
le cation devient plus gros que l'anion et il suffit alors de raisonner sur le
rapport inverse r- / r+.
CsCl, CsBr, CsI, TlCl, TlBr,
Les différents solides ioniques cubiques de type AB
se répartissent selon les trois grandes classes de mailles en fonction du
rapport du rayon du cation (r+) au rayon de l'anion (r-)
:
––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––> r+ / r-
Structure type : ZnS
blende NaCl CsCl
Coordinence : 4-4 6-6 8-8
Sites occupés : moitié des Td tous les Oh tous
les cubiques
Les frontières sont floues :
en effet, un solide de rapport r+ / r- égal à par exemple
0,5 peut, sous certaines conditions particulières, cristalliser sous la forme
blende, car le critère géométrique (r+ / r-) .Il ne
pourra pas cristalliser sous la forme CsCl .
La diffraction des rayons X, sur monocristal ou sur poudre,
est le moyen expérimental le plus répandu pour déterminer la façon dont est
cristallisé un solide. Elle sert aussi à identifier et quantifier les
différentes phases cristallisées contenues dans un échantillon de matière.